L’allaitement maternel est un geste naturel qui prolonge le lien qui s’est tissé tout au long de la grossesse entre la mère et l’enfant à venir.
Au-delà de l’acte de nourrir, l’allaitement maternel, qu’il dure le temps d’une tétée, quelques jours, quelques semaines ou plusieurs mois, est un moment d’échanges, de plaisir et de contact privilégié entre le bébé et sa maman.
Pour certaines femmes, le désir d’allaiter est évident, pour d’autres il est plus flou et il se précisera au cours de la grossesse.
Cette page a pour but de vous donner des repères sur la prise du sein, les différentes positions,
la façon de tirer son lait, l’entretien de la lactation…
Quelques mots de théorie
Les hormones
L’allaitement maternel est possible en toutes circonstances, quel que soit le mode d’accouchement, le terme et le poids de naissance de votre bébé.
La glande mammaire est prête à fonctionner dès le 4e mois de grossesse, elle n’attend que le signal de départ, donné par la naissance du bébé. À partir de ce moment et, sous l’influence des hormones produites, la glande mammaire sécrète du lait, en continu, et le stocke dans les cellules sécrétrices du sein (chaque femme a une capacité de stockage différente, indépendante de la taille des seins).
Lorsque le bébé commence à téter ou quand la maman tire son lait, les nerfs présents au niveau du mamelon et de l’aréole envoient une information au cerveau afin de déclencher la production de lait (via la libération d’une hormone, appelée prolactine) et le réflexe d’éjection du lait (via la libération d’une autre hormone l’ocytocine).
Cette hormone est très sensible au stress, aux émotions : il suffit souvent qu’une maman entende son bébé pleurer pour que le lait se mette à couler. À l’inverse, si une mère est stressée, les seins peuvent être pleins de lait mais ce dernier ne coule pas.
Les différentes phases
Les seins se préparent pour l’allaitement pendant la grossesse.
Certaines femmes ont déjà des pertes de lait pendant la grossesse, d’autres non. Cela ne présage en rien de la capacité à allaiter.
À la naissance, une fois la délivrance faite (expulsion du placenta), les hormones de la lactation peuvent s’exprimer. Les premiers jours, et jusqu’à la montée laiteuse, votre bébé va recevoir du colostrum. Le colostrum, de couleur jaune orangé et plutôt épais, est un concentré nutritif produit en petite quantité qui suffit, à lui seul, à couvrir les besoins du nouveau-né les premiers jours. Les petites quantités prises à chaque tétée sont adaptées à la petite taille de l’estomac de bébé et permettent la mise en route de son système digestif. La production lactée dépend de l’éfficacité, de la durée et de la fréquence des tétées.
Vers le 2e-3e jour, la sécrétion lactée devient plus abondante, on parle alors de montée de lait. Les seins pourront être tendus durant quelques jours, puis la quantité de lait s’adaptera à la demande de bébé. La prise du sein par bébé peut alors être un peu plus difficile. N’hésitez pas à assouplir vos seins avant la tétée par un massage aréolaire (lien / ancre vers le bon paragraphe) pour faciliter la mise au sein.
La loi de l’offre et de la demande
Un autre facteur vient enclencher la production de lait et son maintien tout au long de l’allaitement : l’extraction du lait par bébé ou par le tire-lait. Pour cela, une succion efficace et des tétées fréquentes sont nécessaires.
Un nouveau-né à terme tète environ 8 à 14 fois par 24 heures et il n’existe pas de durée « normale » d’une tétée. Bébé tète souvent afin d’amorcer puis d’entretenir la production de lait.
Des tétées fréquentes de jour comme de nuit ne veulent pas dire que la maman ne produit pas assez de lait. C’est l’enfant (né à terme, non malade) qui régule ses besoins, besoins qui peuvent varier selon les périodes.
Tout ce qui limite le nombre de tétées ou la durée des tétées peut induire une baisse de la quantité de lait. C’est pourquoi, il est important de pratiquer un allaitement à l’éveil (bébé est prêt à prendre le sein mais ne pleure pas forcément) et de favoriser la proximité entre vous et votre bébé.
Conseils pour bien débuter
Le Peau à Peau
Le peau à peau facilite la mise en place de l’allaitement par la proximité, la moindre dépense d’énergie pour bébé, la position, …
Image peau à peau
Tout savoir sur le peau à peau
Les signes de disponibilité de bébé pour la tétée
Lorsque l’on parle d’allaitement à la demande, on imagine un bébé se manifestant, pleurant. Or, il est plus facile d’installer un bébé au sein lorsqu’il est prêt à téter dans un état d’éveil calme.
Pour cela, certains signes peuvent vous alerter :
- Bébé bascule la tête vers l’arrière et la tourne de chaque côté.
- Bébé ouvre grand la bouche et sa langue rentre et sort.
- Il cherche à téter ce qui passe à proximité de sa bouche.
S’installer
La position idéale est celle qui vous est confortable pour vous.
N’hésitez pas à utiliser des coussins, les accoudoirs…, pour que votre enfant soit à hauteur du sein et que vous soyez bien calée.
C’est bébé qui vient au sein et non maman qui se penche vers bébé. Tout le corps du nouveau-né sera tourné vers vous et pas seulement sa tête (l’oreille, l’épaule et la hanche seront alignées).
Repères pour une bonne prise du sein
Lorsque vous êtes tous les deux bien installés, présentez le sein à votre bébé de sorte que votre mamelon effleure sa lèvre supérieure afin de le stimuler à ouvrir grand la bouche.
Il est important que bébé ouvre grand la bouche comme s’il bâillait de façon à prendre un maximum de l’aréole (partie colorée du sein), voire au-delà. Une grande ouverture de bouche dure une fraction de seconde, c’est pourquoi une approche rapide de bébé vers le sein est nécessaire.
Bébé est installé correctement au sein lorsque sa bouche recouvre une grande partie de l’aréole, son menton est collé au sein, sa tête est légèrement défléchie (en arrière) et son nez dégagé.

Téter le sein ou la tétine du biberon ne demande pas la même technique de succion à votre bébé.
L’utilisation de la tétine est déconseillée le temps de l’apprentissage de la succion, temps variable d’un nourrisson à l’autre.
Pour ne pas perturber cet apprentissage durant les premiers jours et si, pour diverses raisons, l’équipe soignante est amenée à « compléter » votre enfant, il pourra vous être proposé de lui donner votre lait ou du lait artificiel à la tasse ou la petite cuillère.
Votre lait sera alors tiré, soit manuellement avec un massage aréolaire, soit avec un tire-lait.
Le massage aréolaire
Le massage aréolaire consiste à extraire du lait du sein manuellement.

Pour cela, placez votre main en forme de « C » empaumant le sein et appliquez votre pouce et votre index de chaque côté de l’aréole en écartant suffisamment les doigts (1).
Ensuite, appuyez vos doigts contre la cage thoracique (2) puis, comprimez doucement comme si vous vouliez que vos doigts se touchent à travers le sein (3).
Puis, sans les faire glisser sur la peau, ramenez-les de l’arrière vers l’avant en direction du mamelon. Relâchez puis recommencez jusqu’à ce que le lait s’écoule.
Les différentes positions
La bonne position est celle qui vous convient, c’est celle qui permet d’avoir des tétées efficaces et indolores.
Le sein est rond : vous pouvez être imaginative dans la façon de mettre votre enfant au sein, l’essentiel étant de respecter l’alignement oreille-épaule-hanche.
Varier les positions, principalement au début de l’allaitement, est un moyen de prévenir les « petits bobos » tels les gerçures ou les crevasses.
Au quotidien, il est précieux de savoir s’installer couchée ou assise pour mettre bébé au sein.
- PHOTO Classique
Position assise classique dite de « la Madone »
- PHOTO Madone Inversée
Position de « la Madone inversée »
- PHOTO Ballon de rugby
Position Ballon de Rugby
Mettre suffisamment de coussins sous le bébé pour que sa tête soit au niveau du sein de sa maman.
- PHOTO Califourchon
Position à califourchon
Quand bébé est petit, l’asseoir sur un coussin.
- PHOTO Allongée
Position allongée
- PHOTO semi-allongée
Position semi-allongée ou dite « BN »
Repères pour une tétée efficace
- Côté bébé
On va l’entendre déglutir de façon très ponctuelle les premiers temps, et de façon visible et audible à presque chaque succion dès le 3e-4e jour.
L’enfant reste éveillé le temps de la tétée et on le sent se détendre au fil de la tétée.
- Côté maman
Elle perçoit des contractions utérines en début d’allaitement, des sensations de picotement ou de pincement dans les seins, une sensation de soif, de somnolence.
Elle peut remarquer un écoulement de lait sur l’autre sein et enfin, à la fin de la tétée, le sein est plus souple.
Besoin de soutien ?
Profitez de votre séjour à la maternité pour poser toutes vos questions et pour vous assurer que bébé prenne correctement le sein.
Lors de votre sortie, que vous allaitiez votre bébé directement au sein ou que vous tiriez votre lait, un suivi par une sage-femme libérale vous sera proposé. Au-delà des premiers temps d’allaitement, si des questions surgissent ou si vous doutez sur la façon de mener votre allaitement, n’hésitez pas à vous tourner vers votre sage-femme libérale, les associations de soutien à l’allaitement (lien vers les asso partenaires) ou vers des consultations d’allaitement réalisées par des professionnels de santé (voir liens utiles)
En résumé, la règle d’or pour un démarrage correct de la production de lait :
Précocité + Fréquence + Efficacité
Une séance de préparation à la naissance est également proposée durant votre grossesse sur l’allaitement maternel.
Une sage-femme référente en lactation anime la séance et répond à toutes vos questions.
+ d’infos (lien vers les séances de préparation à la naissance)
Tout savoir sur l’allaitement
Quelques conseils pour bien démarrer son allaitement.pdf